Historique

Notre Dame de l’Isle a fêté en 2010 ses 880 ans d’existence !

Au cours du IXème siècle, Vienne devint capitale du royaume de Provence, après l'élection du roi Boson en 879. Au XIème siècle, l'empereur d'Allemagne hérita du royaume, Vienne fit alors partie du Saint Empire Romain Germanique.

A cette époque au sud de Vienne à environs 4 km du centre de la ville, il y a sur la rive gauche plusieurs îlots sableux qui se trouvent isolés de la terre ferme lors  des crues du Rhône. Certaines des îles comme celle où va être construit le futur prieuré sont séparées par une « brassière » (petit bras du fleuve) qui s’ensablera progressivement, mais au XVIIème siècle il était toujours impossible de se rendre à pied sec à Notre Dame de l’Isle lors des crues du Rhône. Jusqu'au XIXème siècle cette île ne faisait pas partie de Vienne. Elle y fut rattachée après les aménagements du fleuve au XXè siècle pour former le Quartier de L'Isle.

 

Le prieuré est fondé vers 1130 par le gentilhomme viennois Gauthier de Balbière. Pour arriver à ses fins il a l’appui de l’Archevêque Etienne I (1125-1145). Il y établit des chanoines réguliers qui seront au départ sous la dépendance de l’église de Saint-Cyr-sur-Rhône sur la rive droite du fleuve.

L’Ordre de Saint Ruf fondé en janvier 1038 en Avignon avait déplacé son chef d’ordre (abbaye mère) dans leur prieuré de Valence suite à la destruction de leur abbaye par les albigeois et à des différents avec le chapitre de leur ancien diocèse. Il resta dans l’Isle jusqu’au XVIIè siècle. Ce fut lors de son installation que le prieuré eut pour patron outre Notre Dame : Saint Ruf.

Nous ne savons pas l’origine de la nomination de Saint Denis comme troisième patron. Les nouveaux Chanoines par leur piété gagnèrent en peu de temps ceux qui ne leur avaient pas été favorables au commencement par leur intérêt. L’église est cependant de petites dimensions et n’atteindra sa taille actuelle qu’après le départ des chanoines de saint Ruf.

Quoi qu’il en soit, ces moines, avec la belle ordonnance de leurs cérémonies et des fêtes en l’honneur de la Madone, attirèrent encore plus de monde, en sorte que les viennois ne tardèrent pas à regarder la chapelle du prieuré « comme le palladium de leur cité » et lorsque l’intempérie des saisons menaçait la terre de stérilité, lorsque la guerre ou des maladies contagieuses, souvent mortelles, portaient le deuil et la terreur dans la contrée, c’était toujours sous la protection de Notre Dame de l’Isle que se réfugiaient les habitants de la cité sainte et des hameaux voisins.

Notre Dame de l’Isle étant le seul lieu Marial de Vienne, celui-ci est très fréquenté, en particulier les lundis de Pâques et de Pentecôte, où de nombreuses personnes viennent se recueillir, danser et se promener.

Le sanctuaire est aussi l’objet de pèlerinages et de processions à partir de Vienne et cela pour différentes raisons : maladies, famines etc. On a conservé un souvenir émouvant de la grande procession faite le mardi 28 juillet 1534. La peste avait duré deux mois avril et mai. Les cérémonies votives, pour avoir été remises à deux mois plus tard, n’en furent pas moins belles, comme en témoigne le document de l’époque.

En 1562 comme beaucoup d’autres bâtiments religieux, Notre Dame de l’Isle fut saccagée par les huguenots. Le baron des Adrets, profitant du départ de Jean V de la Brosse, investit Vienne. Malgré tout il réussi à contenir ses troupes et avant son départ pour Lyon il laissa sur place un de ses lieutenants, François du Terrail Sieur de Bernins pour y commander. Bernins permit tout à la cruauté et à l’avarice de ses soldats qui pillèrent et profanèrent les églises et les monastères, rançonnèrent et maltraitèrent les citoyens. De nouveau en 1567 Vienne subit un pillage en règle exactement pendant un mois du 4 octobre au 13 novembre. Pendant cette période les maisons des catholiques furent brûlées, les tombeaux et les reliques profanés, les autels et les statues brisés, les cloches enlevées. La bibliothèque et les archives de la cathédrale elles aussi furent brûlées ainsi que les ornements sacrés. Le trésor de cette dernière fut pillé, et même les toits en plomb furent démontés.

Cependant les chanoines de Saint Ruf continuèrent à occuper les lieux encore pour quelques dizaines d’années. Ils se firent incorporer au Clergé de la Cathédrale. Mais l’Ordre est à son déclin, après avoir été vertueux et prospère.

En 1628, la peste reparut avec plus d’intensité que jamais. Un grand nombre de malades fut encore transporté dans les baraques établies aux environs du prieuré. Un tel voisinage devait naturellement éloigner les pèlerins, dont la générosité aurait puissamment aidé aux restaurations urgentes. L’abbé général, désespérant sans doute de pouvoir jamais rendre à cette maison sa première splendeur et ayant un pressant besoin d’argent pour son abbaye de Valence, consentit à s’en défaire. Les consuls de Vienne l’acquirent au nom du collège. 

La première solennité religieuse qui eut lieu à Notre Dame de l’Isle, sous les Jésuites, fut la procession dite des Merveilles.

La fête des Merveilles commémorait les martyrs lyonnais et viennois de l’an 177 et l’invention de leurs reliques. Anciennement fixée au 2 juin, elle se célébrait - depuis le milieu du XVIè siècle – le dimanche dans l’octave de l’Ascension. Dans la matinée, les églises de Vienne se rendaient, à pied et en cortèges séparés, à Saint Romain en Gal (rive droite). On se réunissait sur le rivage et l’on s’embarquait sur des bateaux pavoisés qui descendaient le fleuve jusqu’à la hauteur de l’abbaye de Saint Pierre.

Moins d’un siècle s’écoula avant qu’un nouveau malheur  ne menaçât la sainte chapelle. Le 27 mars 1721 une crue du Rhône plus importante failli dévaster les bâtiments et inonda le prieuré mais la protection de Notre Dame fit que seulement les murs de l’enceinte furent détruits.

Les pères jésuites qui avaient fait tant de bien au prieuré sont contraints d’abandonner celui-ci suite à l’ordre de dispersion dont ils sont frappés, en France en 1763 et par leur dissolution par le pape en 1773. Le prieuré est alors administré de nouveau par le collège des consuls. Le Père Plasson, jésuite, continua à y exercer les fonctions du ministère ecclésiastique, en qualité de chapelain jusqu’à la « Terreur ». Puis les malheurs continuent avec la Révolution. L’église est transformée en poudrière, puis assez vite rendue au culte. En 1793 l’ensemble des terres et immeubles du prieuré sont vendus comme biens nationaux. Durant l’empire, l’église désaffectée, restera vide et sans voix.

La Constituante de 1790 supprime l’archevêché de Vienne dont une partie revient à l’évêché de Grenoble. 

C’est un lyonnais, Sahuc de Plagnol, qui acheta l’église et le prieuré, mais il ne tarda pas à s’en défaire. Après le Concordat de 1801 l’abbé du Bouchet ancien curé de Saint André le Bas, M. Paquet et M. Cellard en rachetèrent le chœur et quelques bâtiments adjacents qu’ils confièrent à l’hospice de Vienne, tandis que la nef était transformée en fenil par un autre propriétaire.

Ce n’est qu’en 1815 qu’une cloche est hissée sous le petit dôme de la nef pour annoncer une messe solennelle d’action de grâces à Dieu pour le retour des Bourbons. Elle porte sur sa panse, une croix fleurdelisée avec la date 1815. A l’opposé, on voit une Vierge avec l’Enfant Jésus et en bordure cette simple devise : « Benedicamus Domino ». Mais les malheurs n’étaient pas finis puisque nous savons que l’incendie du 12 décembre 1822 finissait de détruire totalement le cloître.

cloitre

Dès l’année 1816 et 1817, les pèlerinages reprenaient le chemin du sanctuaire marial de l’Isle pour apaiser la colère de Dieu et faire cesser la famine qui désolait la France, et pour remercier la Vierge de sa protection.

Le plus extraordinaire fut celui du 14 septembre 1854, alors que le choléra sévissait en France. Vienne n’avait pas été épargnée et dans l’extrémité du péril, elle se souvint que Notre Dame de l’Isle était la patronne de la ville et que trois siècles auparavant, alors que la peste exerçait ses ravages, on ne l’avait pas invoqué en vain.

Le 26 mars 1855, toutes les cloches de la ville annoncent la nouvelle fête de l’Immaculée Conception, dont le pape Pie IX venait de proclamer le dogme le 8 décembre précédent. C’est sous les voûtes de la cathédrale Saint Maurice qu’on lut, après le chant des complies, la bulle « Ineffabilis Deus ». Mais la première fête de l’Immaculée Conception ne pouvait commencer le lendemain, que par une procession et une messe à la chapelle des bords du Rhône si vénérable, si aimée et la seule qui portait le nom de Notre Dame.

Le prieuré est de nouveau habité par une nouvelle congrégation : Les Trinitaires de Cerfroid dans l’Aisne. Ils y resteront deux ans ,1864-65. Puis le 24 juin 1868 l’évêché de Grenoble rachète les bâtiments et c’est le retour des Trinitaires. Mais il semblerait qu’ils ne soient pas restés longtemps car de 1877 à 1880 un essai de paroisse à été fait qui ne dura que jusqu’à la mort du curé.

Par la suite après la proscription, les religieuses Franciscaines du Bon Pasteur gardèrent ces saints lieux « pour le plus grand bien de petites filles trouvant là les soins les plus maternels ».

Cependant le déclin de ce glorieux sanctuaire allait s’aggraver. Depuis la déclaration du dogme du 8 décembre 1854, le 26 mars suivant, la ville de Vienne avait décidé de conserver la mémoire d’une telle splendeur, et d’ériger un monument à l’honneur de l’Immaculée Conception au dessus de Vienne sur le Mont Pipet. A partir de 1874 le nouveau sanctuaire marial va progressivement remplacer Notre Dame de l’Isle. Certains auraient voulu lui choisir un emplacement dans l’Isle. Mais la modeste Vierge des bords du fleuve s’éclipsa devant la jeune gloire de celle qu’on appellera Notre Dame de Pipet et qui brillera davantage sur la colline de la vielle ville romaine, comme en plein ciel.

En ce début de XXIème siècle, seule reste, comme un magnifique vaisseau de l’art roman rhôdanien, l’église prieurale qui aurait grand besoin d’une restauration. A l’intérieur, le maître-autel a disparu dans la tourmente de la deuxième moitié du XXè siècle. Il reste cependant des éléments de peintures murales, quelques statues en bois polychrome qui attestent de son passé glorieux, ainsi que des fonts baptismaux d’une facture originale. Un seul élément est classé par les Monuments Historiques : Le portail s’ouvrant sur la cour du cloître (cad. F 255) par arrêté du 6 mai 1965.

Sur l’emplacement de l’ancien prieuré s’élèvent les bâtiments récents de l’Œuvre du Bon Pasteur abritant la maison de retraite pour personnes âgées Notre Dame de l’Isle.

Le culte y est toujours célébré au moins une fois par semaine, le dimanche. Cette église isolée et autrefois en dehors de la ville, se trouve, suite à l’extension de l’agglomération, englobée dans un nouveau quartier. Mais compte tenu de la crise des vocations que connait notre époque, les rares prêtres desservant les paroisses de la ville, ont bien dû mal à s’en occuper. 

Aussi Monseigneur Guy de Kérimel évêque de Grenoble-Vienne à décidé qu’un Chanoine de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (de la collégiale Saint André de Grenoble), desservirait Notre Dame de l’Isle le dimanche. Ce qui a été effectif de 2010 à 2017.

Depuis 2017, la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre a pris la suite des chanoines. C'est donc l'Abbé Desjars qui dessert Notre-Dame de l'Isle depuis 2017.

*Chanoines de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre

 

Pour découvrir l'histoire complète du sanctuaire, vous pouvez lire ce livret :


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